Les réalisateurs

« Les Lapied » : C’est comme cela que l’on nomme cette famille de cinéastes qui chaque année tourne et réalise de nouveaux films documentaires de montagne. « Les Lapied » sont comme un label de qualité et leurs films sont multiprimés en France, mais aussi en Europe ou aux Etats-Unis.  

Né en 1954, dans l’ouest de la France, Erik manifeste très jeune sa curiosité pour la photographie avec les diapositives d’un oncle spéléologue, voyageur et chercheur en botanique, qui l’emmène aussi à la découverte de la forêt. Les gouilles à grenouilles, le mystère des fourmilières au pied des grands chênes nourrissent son imaginaire d’enfant. A quatorze ans, le film-conférence d’un guide de haute montagne (Gaston Rébuffat) lui ouvre de nouveaux horizons. L’escalade rocheuse et l’exploration souterraine deviennent l’exutoire de son adolescence. 

En 1976, Erik part par la route pour un long voyage : Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Népal… qui le conduit jusqu’au pied de l’Everest. Avec un Rollei 35 (objectif unique) en bandoulière et quelques rouleaux de pellicules argentiques, il ramène ses premiers reportages : « Népal, Terre de l’Himalaya » et « Afghanistan, hors du Temps ».

En grimpant sur des rochers d’escalade, il rencontre Anne.

 

Née en 1959, Anne découvre la montagne dans un hameau de Haute-Savoie où elle séjourne chaque été. Elle a trouvé son royaume et sait qu’elle vivra là-haut. À 10 ans, elle s’initie à la photographie avec l’appareil de son père. Il lui prête également son magnétophone à bande avec lequel elle enregistre ses premiers textes et bruitages.

Plus tard, sur des rochers d’escalade de l’ouest de la France, elle rencontre Erik.

 

En 1978, ils prennent le chemin des Alpes. Pour y rester et gravir les montagnes, il faut trouver un travail. Ils proposent leurs diaporamas dans les classes de neige et maisons familiales. Les gens adhèrent et les encouragent. Cette réaction du public est déterminante dans leur choix. Rapidement, ils présentent des spectacles en multivision avec 6 projecteurs et trois écrans, sur le Tibet et les Alpes. 

 

Née dans les Alpes en 1982, Véronique Lapied est la fille d’Anne et Erik. A six ans, une expédition en famille de trois mois dans le Sahara lui donne déjà le virus du voyage. Plus tard, pendant ses études aux Beaux-Arts de Grenoble, elle sillonnera le nord de l'Afrique, la Grèce, l'Irlande, l’Italie, l'Espagne, l’Ethiopie. 

 

En 1983, une caméra 16mm d’occasion accompagne désormais les « Lapied ». Quand ils ne sont pas dans les Alpes à filmer les paysans et la faune d’altitude, ils voyagent en Laponie, filment les volcans d’Hawaï et de Sicile. Ils travaillent sur quelques films animaliers pour la télévision : les loups et les hyènes d’Ethiopie, les tigres du Népal. 

 

En 1999, ils créent Ibex Production et réalisent un long-métrage en 35mm. Mais une réalité s’impose : ils s’éloignent trop du terrain, passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à filmer la nature. Il est temps de redresser la barre. La maison de production est dissoute. Retour au cinéma indépendant et à l’autoproduction de films sur les bergers et la nature sauvage.

 

En 2003, lors d’un tournage sur l’Etna en éruption avec Véronique, le duo se transforme en trio. Ensemble, ils décident de leur prochain sujet : le fleuve gelé, dans l’Himalaya indien. Pour filmer cet itinéraire qui permet d’accéder aux hautes vallées du Zanskar en hiver, la pellicule est définitivement abandonnée au profit de la vidéo. 

Après deux mois de tournage, ils co-réalisent « Zanskar, le Chemin des Glaces ».

Mais Véronique a son idée du voyage. Elle abandonne ses études et tente l’expérience d’une immersion dans la vie quotidienne d'un village du Zanskar. Elle repart seule huit mois dans l'Himalaya. 

Sa quête d'absolu lui fait mettre de côté son journal de bord et son appareil photo le deuxième jour du voyage. Elle ramasse les bouses de yak, va chercher l’eau à la source et s’imprègne du quotidien. En 2005 et 2007, elle y retourne et filme au jour le jour la vie de ceux qui sont devenus sa deuxième famille. Pendant 10 années, Véronique, Anne et Erik retournent à tour de rôle dans cette vallée.

De ces rencontres émergent trois autres documentaires « Dolma du bout du monde », « Himalaya, le village suspendu » et « Lhamo, l’enfant de l’Himalaya ». L’association familiale fonctionne : ils ont tous le même statut de cinéastes-conférenciers. Pendant que l’un filme les animaux de montagne ou voyage, l’autre assure le relais au bureau et la présentation des soirées.

 

En 2006, Véronique rejoint une petite communauté péruvienne dans la forêt amazonienne pour séjourner plusieurs mois et s’initier au savoir des plantes auprès d’un chaman. De passage en France, elle sillonne les Alpes pour présenter les films et partage son expérience avec le public. 

Parallèlement, une nouvelle série de films sur la vie des bergers des Alpes voit le jour et les observations animalières se multiplient. Ils se plaisent autant à contempler et filmer les nuages qui s’effilochent le long d’une paroi à bouquetins qu’à discuter d’élevage dans une cabane de berger.

 

Petit à petit, le cinéma animalier s’impose un peu plus encore dans la vie d’Anne et Erik. Depuis 2008, ils séjournent 4 à 5 mois par an, au cœur du parc national italien du Grand Paradis. 

 

Aujourd’hui, avec une quarantaine de réalisations multiprimées dans les festivals, ils restent plus que jamais des artisans du cinéma documentaire de montagne. Le public ne s’y trompe pas et les rencontres projections sont à l’affiche des vallées des Alpes aux villages d’altitude. 

  

Pour Véronique, Anne et Erik, courir la montagne avec une caméra dans le sac à dos, monter un film, faire rêver et sensibiliser le public est l’un des plus beaux métiers du monde. Dans le fond, « les Lapied » nous confortent peut-être dans le fait qu’il est encore possible de vivre d’un cinéma-passion tout en restant fidèle à ses rêves d’enfant.

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